8ème étape : La-Charité-sur-Loire Baugy

Aujourd’hui j’ai quitté la Bourgogne et la Nièvre pour entrer dans le département du Cher dans la région Centre (Centre, quel nom ignoble pour une région ! « Tu es du Centre ? Tu votes François Bayrou ? »).
Plus précisément, j’ai mis les pieds dans le Berry.

J’ai fait un bout de chemin avec une dame, qui profite des vacances de la Toussaint pour marcher sur les chemins de Compostelle. Comme elle a déjà fait le Camino, je profite un peu de son expérience en l’interrogeant sur la suite du parcours.

Sur le trajet je m’arrête parfois dans des bistrots pour prendre un kawa. La discussion est très facile dans ces coins isolés où le pèlerin est une vraie attraction. Faudrait que je pense à enregistrer quelques conversations, parfois ça vaut son pesant d’arachides…

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7ème étape : Arbourse La Charité sur Loire

Aujourd’hui, j’ai appris que La Charité sur Loire devait son nom aux pèlerins. En effet, quand dès le XIe siècle les moines de Cluny créèrent ce prieuré sur la Loire, les pèlerins venus de Vézelay y affluèrent pour profiter de la charité dispensée par ces moines.
Il y a à la Charité une rue Saint Jacques qui descend vers la Loire par un escalier de 84 marches. On raconte que c’est par ici que passaient les pèlerins.

Mon âne, mon âne, a bien mal à son aine…
La douleur à l’aine gauche s’est déplacée sur celle de droite. Je ne m’inquiète donc pas trop sur ce sujet. En revanche, au dernier kilomètre vers la Charité, c’est le genou droit qui s’est rebellé. Et ça j’aime moins.

Le détail qui tue : pas de lavomatic à la Charité ! Dans deux jours je suis à Bourges, j’attendrai jusque là, tant pis pour les odeurs !

6ème étape : Thurigny Arbourse

Aujourd’hui, me voici incontestablement au pays de la Citroën Visa et de la C15D. En traversant Varzy, j’ai trouvé que la ville était belle, mais qu’à l’image de son église, elle sentait le vieux. À Varzy, on marche à petits pas, on se courbe sur sa canne, et son bras est bien trop fatigué pour saluer le pèlerin qui passe. Seuls le bureau des aides à domicile et la maison de retraite donnent une impression de dynamisme. Varzy, c’est la campagne française.

La campagne française, ce sont aussi les calvaires qui égrainent mon chemin. Sur le Camino, le pèlerin a coutume de déposer devant chacun une petite pierre. Ainsi de petits monticules s’y forment. Je participe à ces énigmes géologiques.

5ème étape : Vézelay Thurigny

Aujourd’hui, il gelait quand je suis parti. J’ai quitté la colline éternelle lumineuse dans la clarté du matin. Les champs givrés parachevaient le tableau.

Je me suis enfoncé dans les bois de Ferrières. Plusieurs kilomètres de chemins forestiers. On pourrait se perdre facilement car ceux-ci ne sont parfois que des sentiers barrés par des taillis. Heureusement mes cartes sont précises.

C’est la saison de la chasse. Je marchais quand soudain, à peine 5 mètres devant mon nez, surgit un chevreuil, fuyant les tirs et les aboiements venus de plus loin. Son cul blanc disparut dans les fourrés sans que je n’eusse le temps de dégainer mon appareil photos.

C’était un peu galère de trouver un hébergement pour la nuit. Finalement j’ai dormi dans un vieux moulin appartenant à des hollandais. Grande chambre de 30m2 avec vue sur la rivière. Ces gens accueillent des pèlerins pour pas cher.

Ce billet est publié un jour en retard, parce que je ne captais pas le réseau à Thurigny. Je suis souvent en pleine brousse, ça pourrait se multiplier.

4ème étape : Arcy-sur-Cure Vézelay

Aujourd’hui était un jour spécial pour plusieurs raisons :

  • Je suis arrivé à Vézelay, étape hautement symbolique. Demain sera comme un nouveau départ.
  • J’ai enfin ma créanciale : c’est le passeport du pèlerin, à faire tamponner tout le long du parcours. Sur la mienne il est bien écrit que je suis parti de Véron.
  • J’ai croisé mes premiers pèlerins ! À présent je me sens moins seul. Ce sont deux belges flamants. L’un d’eux causait français. Mais après avoir papoté je les ai semés car le plus vieux avançait vraiment trop lentement.

Il faisait 3 degrés ce matin et 6 au cœur de l’après midi. Un vent mordant gelait les oreilles ; gants et bonnet sont de rigueur.

Je stresse un peu pour demain, car toutes mes tentatives pour trouver un hébergement ont échoué. On est hors-saison. Il y a bien une chambre d’hôte mais c’est trop cher pour mon budget. Je vais donc frapper chez l’habitant, on verra ce que ça donne.

J’ai une douleur à l’aine gauche qui ne me quitte plus. Ce n’est pas très douloureux mais à force, ça l’est quand même !

Mais aux côtés d’une basilique aussi splendide, je vais quand même de nouveau faire de beaux rêves !

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3ème étape : Auxerre Arcy-sur-Cure

Aujourd’hui, comme chaque matin, au petit jour, j’ai surpris un bon nombre de lièvres, écureuils ou canards. Ce matin, un renard ne m’a pas vu arriver… c’est la honte, pour un renard, de détaler comme un lapin !
Quand je suis tout seul dans la cambrousse, je m’autorise des trucs qui peuvent sembler bizarre quand la civilisation n’est pas loin. N’allez pas vous imaginer des choses, je veux parler de causer tout seul, chanter à tue-tête, bref, ce genre de trucs que l’on peut faire sous la douche à condition de disposer d’une salle de bain bien capitonnée. Je me suis trouvé un peu bête tout à l’heure quand un joggeur surgi de NULLE PART me doubla dans un souffle. Ça m’a calmé pour un temps avant de reprendre de plus belle quelques kilomètres plus loin.
Encore des supers conditions d’hébergement ce soir. Mon hôtesse est une ancienne pèlerine qui a aménagé ses combles pour recevoir les coquillards. C’est un véritable temple au Camino ! Il y a plein de bouquins sur le sujet, et un grand livre ouvert sur une citation : on ne construit pas son bonheur, on détruit ce qui y fait obstacle.
Je vais faire de beaux rêves !